PRESENTATION

PRESENTATION
Mon speudo est Aigle 4 (en anglais) four Eagle (no comment) ok

j'habite la sarthe (72) prés du MANS (oui 24 heures du Mans)

une petite commune de 1050 habitants (environ)

st Ouen en Belin

mon prénon JOËL

J'ai 61 balais (né 01/04/1946)

j'suis divorcé (bin ouais)

j'aime mes enfants ma famille, discuter sur le net avec mes amis (ou autres)

j'aime aussi (fort ) ma tit'popome (bises à elle)

j'aime la fête, la musique , les potes

j'aime l'aquariophilie (bon délaissée un peu ok)

j'suis Fan (un grand mot) de RENAUD depuis ses débuts (1975)

j'écoute aussi BENABAR YES JAMAIT et bien d'autres artistes

bon à suivre TATATSSIN !!!
# Posté le dimanche 29 août 2004 05:51
Modifié le mardi 15 mai 2007 09:37

RENAUD

RENAUD
Ma chanson préferée de RENAUD c'est HEXAGONE (toujours d'actualité)

Hexagone

Ils s'embrassent au mois de Janvier,
car une nouvelle année commence,
mais depuis des éternités
l'a pas tell'ment changé la France.
Passent les jours et les semaines,
y a qu'le décor qui évolue,
la mentalité est la même :
tous des tocards, tous des faux culs.

Ils sont pas lourds, en février,
à se souvenir de Charonne,
des matraqueurs assermentés
qui fignolèrent leur besogne,
la France est un pays de flics,
à tous les coins d'rue y'en a 100,
pour faire règner l'ordre public
ils assassinent impunément.

Quand on exécute au mois d'mars,
de l'autr' côté des Pyrénées,
un arnachiste du Pays basque,
pour lui apprendre à s'révolter,
ils crient, ils pleurent et ils s'indignent
de cette immonde mise à mort,
mais ils oublient qu'la guillotine
chez nous aussi fonctionne encore.

Etre né sous l'signe de l'hexagone,
c'est pas c'qu'on fait d'mieux en c'moment,
et le roi des cons, sur son trône,
j'parierai pas qu'il est all'mand.

On leur a dit, au mois d'avril,
à la télé, dans les journaux,
de pas se découvrir d'un fil,
que l'printemps c'était pour bientôt,
les vieux principes du seizième siècle,
et les vieilles traditions débiles,
ils les appliquent tous à la lettre,
y m'font pitié ces imbéciles.

Ils se souviennent, au mois de mai,
d'un sang qui coula rouge et noir,
d'une révolution manquée
qui faillit renverser l'Histoire,
j'me souviens surtout d'ces moutons,
effrayés par la Liberté,
s'en allant voter par millions
pour l'ordre et la sécurité.

Ils commémorent au mois de juin
un débarquement d'Normandie,
ils pensent au brave soldat ricain
qu'est v'nu se faire tuer loin d'chez lui,
ils oublient qu'à l'abri des bombes,
les Francais criaient "Vive Pétain",
qu'ils étaient bien planqués à Londres,
qu'y avait pas beaucoup d'Jean Moulin.

Etre né sous l'signe de l'hexagone,
c'est pas la gloire, en vérité,
et le roi des cons, sur son trône,
me dites pas qu'il est portugais.

Ils font la fête au mois d'juillet,
en souv'nir d'une révolution,
qui n'a jamais éliminé
la misère et l'exploitation,
ils s'abreuvent de bals populaires,
d'feux d'artifice et de flonflons,
ils pensent oublier dans la bière
qu'ils sont gourvernés comme des pions.

Au mois d'août c'est la liberté,
après une longue année d'usine,
ils crient : "Vive les congés payés",
ils oublient un peu la machine,
en Espagne, en Grèce ou en France,
ils vont polluer toutes les plages,
et par leur unique présence,
abîmer tous les paysages.

Lorsqu'en septembre on assassine,
un peuple et une liberté,
au cœur de l'Amérique latine,
ils sont pas nombreux à gueuler,
un ambassadeur se ramène,
bras ouverts il est accueilli,
le fascisme c'est la gangrène
à Santiago comme à Paris.

Etre né sous l'signe de l'hexagone,
c'est vraiment pas une sinécure,
et le roi des cons, sur son trône,
il est français, ça j'en suis sûr.

Finies les vendanges en octobre,
le raisin fermente en tonneaux,
ils sont très fiers de leurs vignobles,
leurs "Côtes-du-Rhône" et leurs "Bordeaux",
ils exportent le sang de la terre
un peu partout à l'étranger,
leur pinard et leur camenbert
c'est leur seule gloire à ces tarrés.

En Novembre, au salon d'l'auto,
ils vont admirer par milliers
l'dernier modèle de chez Peugeot,
qu'ils pourront jamais se payer,
la bagnole, la télé, l'tiercé,
c'est l'opium du peuple de France,
lui supprimer c'est le tuer,
c'est une drogue à accoutumance.

En décembre c'est l'apothéose,
la grande bouffe et les p'tits cadeaux,
ils sont toujours aussi moroses,
mais y a d'la joie dans les ghettos,
la Terre peut s'arrêter d'tourner,
ils rat'ront pas leur réveillon;
moi j'voudrais tous les voir crever,
étouffés de dinde aux marrons.

Etre né sous l'signe de l'hexagone,
on peut pas dire qu'ca soit bandant
si l'roi des cons perdait son trône,
y aurait 50 millions de prétendants.
# Posté le dimanche 29 août 2004 06:11
Modifié le dimanche 29 août 2004 06:22

hommageà jean pierre bucolo

hommageà jean pierre bucolo
trop tard (paradiso titre n°1)

Trop tard pour faire marche arriere
Ici c'est comme ailleurs
Y'a qu'une seule route et c'est tout droit

Demain n'vaut pas mieux qu'hier
Le pire et le meilleur
Mais qu'est-c'qu'on fait quand on est là

Chaque fois qu'tu r'garde en arriere
Aujourd'hui comme hier
Personne sait quoi dire ou quoi faire

Tu perds tes points de repere
Ton eau dans le dersert
Et tu vois partout des frontiéres

Cà sert à quoi
D'retourner sur tes pas
Puisque c'est devant qu'on va

Trop tard pour faire marche arriere
Tu vois bien qu't'as pas le choix
Tout c'que t'attends ne t'attend pas

Demain n'vaut pas mieux qu'hier
Aprés tout çà change quoi?
Si tu sais pas quoi faire de toi

Cà sert a quoi
D'retourner sur tes pas
Puisque comme comme
T'as la vie devant toi
# Posté le dimanche 29 août 2004 15:20
Modifié le dimanche 29 août 2004 17:23

BENABAR

BENABAR
JE SUIS DE CELLES

Tiens, qu’est-ce que tu fais là ?
C’est moi, c’est Nathalie
Quoi tu me reconnais pas ?
Mais si

On était ensemble au lycée
C’est vrai, j’ai changé
J’ai des enfants, un mari
Bah quoi, t’as l’air surpris

J’étais pas destinée
A une vie bien rangée
J’étais perdue
Mon mari m’a trouvée

J’étais de celles
Qui disent jamais non
Les "Marie couche-toi là"
Dont on oublie le nom

J’étais pas la jolie
Moi, j’étais sa copine
Celle qu’on voit à peine
Qu’on appelle machine

J’avais deux ans de plus
Peut-être deux ans de trop
Et j’aimais les garçons
Peut-être un peu trop

Bien sûr, vous aviez eu
Des dizaines de conquêtes
Que personnes n’avaient vues
Toujours pendant les fêtes

Pour beaucoup d’entre vous
Je suis la première fois
De celles qui comptent
Mais pas tant que ça
Je n’étais pas de celles
A qui l’on fait la cour
Moi, j’étais de celles
Qui sont déjà d’accord

Vous veniez chez moi
Mais dès le lendemain
Vous refusiez en public
De me tenir la main

Quand vous m’embrassiez
A l’abri des regards
Je savais pourquoi
Pour pas qu’on puisse nous voir

Alors je fermais les yeux
A m’en fendre les paupières
Pendant que pour guetter
Vous les gardiez ouverts

Je me répétais :
" faut pas que je m’attache "
Vous vous pensiez :
" il faut pas que ça se sache "

Mais une fois dans mes bras
Vos murmures essoufflés
C’est à moi, rien qu’à moi
Qu’ils étaient destinés

Enlacée contre vous
A respirer vos cheveux
Je le sais, je l’affirme
Vous m’aimiez un peu

Certaines tombent amoureuses
C’est pur, ça les élève
Moi, je tombais amoureuse
Comme on tombe d’une chaise
Et gonflés de l’avoir fait
Vous donniez conférence
Une souris qu’on dissèque
Mon corps pour la science

Je nourrissais
Vos blagues de caserne
Que vous pensiez viriles
Petits hommes des cavernes

D’avoir pour moi
Un seul mot de tendresse
Vous apparaissait
Comme la pire des faiblesses

Vous les fiers à bras
Vous parliez en experts
Oubliant qu’dans mes bras

Vous faisiez moins les fiers
Et les autres filles
Perfides petites saintes
M’auraient tondue les cheveux
A une autre époque

Celles qui ont l’habitude
Qu’on les cajole
Ignorent la solitude
Que rien ne console

Vous veniez chez moi
Mais dès le lendemain
Vous refusiez en public
De me tenir la main.
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# Posté le mardi 31 août 2004 09:03
Modifié le mardi 31 août 2004 16:01

RENAUD

RENAUD
MES AIGLONS ADORENT CETTE TIT'HISTOIRE

La petite vague qui avait le mal de mer

Paroles et Musique: Renaud Séchan 1995 "Les introuvables"


Il était une fois une petite vague perdue au milieu de l'océan, une
petite vague de rien du tout, quelques centimètres de haut, à peine plus large, une
petite vague insignifiante et anonyme, ressemblant comme une goutte d'eau aux millions de
petites vagues voyageant sur les mers depuis des millions d'années au gré des vents et
des marées.Mais, vous vous en doutez, si je vous raconte ici son histoire, c'est qu'elle
était différente de ses petites sœurs. Pas physiquement, non, mais dans son petit
cœur de petite vague, cette petite vague avait bien du vague à l'âme.Son papa et sa
maman étaient deux grosses vagues énormes et rugissantes, deux magnifiques déferlantes
qui s'étaient croisées une nuit de tempête, l'abandonnant aussitôt née à son destin
de vaguelette, orpheline et désemparée. Son père avait été plus tard emporté dans un
ouragan, s'était accroché à un cyclone et, dans un tonnerre d'écume et de vent, était
parti ravager les terres les plus proches d'où il n'était jamais revenu.Sa mère,
poussée par un vent du nord, connut une fin tout aussi aventureuse mais bien plus
sympathique. Les courants marins la portèrent jusqu'aux côtes d'un pays si chaud qu'elle
s'évapora, monta au ciel en millions de gouttes d'eau et, après avoir voyagé dans un
gros nuage lourd, retomba en pluie sur des terres arides où, la vie, absente par manque
d'eau, revint bientôt.Depuis des siècles qu'elle ondoyait à la surface de l'eau, avec
pour seule compagnie l'écume et le vent, avec pour seul horizon l'horizon, pour seul
spectacle celui du jour se levant et du soleil couchant, la petite vague s'ennuyait à
mourir et ne supportait plus de vivre au milieu de l'océan. Bref, la petite vague avait
le mal de mer.Elle avait bien eu parfois, des années auparavant, la visite de quelques
baleines venues percer la surface de l'eau, dans un grand geyser d'écume et des milliards
de gouttes d'eau s'éparpillant dans le ciel comme une pluie de diamants, mais les
baleines chassées par les hommes avaient bientôt disparu elles aussi.Sa vie s'écoulait
monotone. Au fil des jours de calme plat ou des nuits de tempête, la petite vague
attendait vaguement, sans trop y croire, un miracle météorologique qui l'emporterait
vers d'autres cieux. Elle redoutait par-dessus tout ces nuits de pleine lune où l'océan
devient lisse comme un miroir, où même le vent ne chante plus, où les vagues petites et
grosses s'aplatissent jusqu'à se confondre en une immense étendue d'eau infinie,
immobile etsans vie.Elle n'aimait pas non plus la houle qui la faisait rouler, craignait
les ouragans qui la malmenaient et se méfiait des mers démontées ou hachées qui
risquaient de la séparer de ses amies, les petites vagues insouciantes qui
l'accompagnaient, insensibles, elles, au vague à l'âme et au mal de mer.La petite vague
n'avait jamais vu un bateau.La petite vague n'avait jamais vu un baigneur, ni le moindre
pédalo, jamais vu le bord de l'eau.La petite vague en avait par-dessus la crête de
passer sa vie à faire des vagues, la petite vague écumait de rage de n'avoir jamais vu
la plage.Elle rêvait qu'un vent malin viendrait un jour la conduire sur le sable doré
d'une plage ensoleillée. Ah, enfin pouvoir rouler, chanter, rebondir et me briser sur les
galets, songeait-elle, venir chatouiller les doigts de pieds des enfants, entendre leurs
cris à mon approche, aller, venir, descendre et remonter, m'éparpiller au milieu des
coquillages, des algues et des petits poissons argentés, me reformer en grondant pour de
rire, en faisant semblant d'attaquer, et repartir en emportant un ballon oublié, et puis
le ramener dans un tourbillon de mousse et d'eau salée. La petite vague pensait aux
vacances qu'elle ne connaitrait jamais. Lorsqu'une grosse vague, à quelques brasses
d'elle, cria "Terre à l'horizon !".La petite vague n'en crut pas ses oreilles.
Elle se précipita vers sa grande sœur, se hissa sur son dos et distingua vaguement
à l'horizon la ligne sombre d'une terre inconnue. Elle recommença l'opération une
deuxième fois, puis une troisième. À chaque fois, un élément nouveau lui apparut. Une
ville, un port, une plage. Les courants maintenant la tiraient vers la côte, la
charriaient comme un fétu de paille poussé par le vent. Elle sentit bientôt son eau se
réchauffer et l'air marin se charger des odeurs de la terre.Pour la première fois de sa
vie la petite vague respira le parfum des forêts, des villes et des campagnes, des
animaux et des hommes.Elle en fut d'abord émerveillée, puis l'émerveillement fit place
à l'étonnement, enfin à la déception. Les odeurs nauséabondes de gaz carbonique
qu'elle découvrait lui rappelaient étrangement celles des nappes de pétrole qu'elle
avait parfois croisées dans sa longue vie de petite vague au milieu de l'océan.Et comme
elle pensait à cela, déterminée malgré tout à atteindre cette plage dont elle rêvait
depuis si longtemps, elle rencontra une de ces nappes de pétrole dérivant au fil de
l'eau, au gré des courants, et s'y englua. Elle réussit à s'en échapper après bien
des efforts, aidée par un courant ami qui l'emmena bientôt presque au bord de la
plage.Des enfants s'y amusaient. Des adultes allongés, immobiles, semblaient y dormir,
insouciants du soleil qui leur brûlait la peau. Des chiens couraient, des mères criaient
après leurs enfants, des papas après maman, des adolescents faisaient hurler leurs
transistors et des baraques à frites enfumaient le tout d'une odeur d'huile chaude qui se
mêlait à celle dont les corps étaient enduits. La petite vague ralentit son avance.
Elle rencontra bientôt une eau saumâtre, mais personne ne lui dit qu'il s'agissait des
égouts de la ville qui se déversaient là. Elle croisa quelques bouteilles en plastique,
des sacs poubelle, des détritus de toutes sortes, fut presque coupée en deux par un gros
monsieur rougeaud hissé sur une planche à voile, avant de s'échouer enfin au bout de
son voyage, au bout de son rêve, sur le sable grisâtre de la plage au milieu des tessons
de bouteille, des capsules de bière et des châteaux écroulés des enfants
agités.Jamais le vague à l'âme de la petite vague n'avait été si grand. Ell" ne
s'attarda guère sous les pieds palmés. Quelques aller retour à brasser les ordures et
elle s'en fut dans le sillage d'un bateau à moteur qui frôlait les baigneurs, rejoindre
le grand large qu'elle regrettait déjà d'avoir quitté.Alors qu'elle longeait la côte,
suivie de près par quelques amies vaguelettes aussi déçues qu'elle par la
fréquentation des humains, elle entendit, venant de la terre, des petits cris stridents,
à peine perceptibles, presque des sifflements. Ils n'avaient rien de commun avec les cris
des enfants braillards de la plage. La petite vague avait déjà entendu ces cris quelques
années auparavant, peut-être quelques siècles. Un jour que des dauphins étaient venus
la frôler, courir sous elle, jouant dans son écume, brisant sa crête de leurs ailerons
pointus. Comment les cris d'un dauphin pouvaient-ils venir de terre ? la petite vague se
dirigea de nouveau vers la côte, guidée par les sifflements, comme un navire perdu dans
la nuit est guidé par la lueur du phare.Derrière une digue se dressaient les hauts murs
d'un Marineland. La petite vague ignorait qu'on enfermait des orques et des dauphins dans
des bassins pour le plaisir des petits terriens. Mais il ne fut pas nécessaire de lui
faire un dessin: elle comprit vite que des créatures marines étaient prisonnières ici.
A l'instant où, provenant distinctement de derrière ces murs, les sifflements reprirent,
elle vit bondir en l'air un magnifique dauphin gris argenté qui, après avoir semblé
s'immobiliser une fraction de seconde dans le ciel, retomba dans un grand
"splatch" dans son bassin-prison. Un tonnerre d'applaudissements accompagna la
pirouette.
La petite vague n'avait pas rêvé. Le dauphin, dans son bond majestueux, avait tourné la tête vers la mer, et son regard triste avait croisé le sien. Ce regard avait lancé un SOS, avait jeté une bouteille à la mer avec comme message: "Vient me délivrer".
La petite vague, qui n'aimait pourtant pas faire de vagues, décida aussitôt qu'il fallait agir. Elle commenca par alerter toutes les petits vagues qui voguaient autour d'elle, en leur recommandant d'alerter à leur tour toutes les vagues des alentours, jusqu'au fin fond de l'ocean.
Bientôt de grosses vagues arrivèrent, guidées par la rumeur qui s'emplifiait en se colportant de vague en vague, selon laquelle une toute petite vague de rien du tout voulait attaquer la côte, pour délivrer un dauphin prisonnier de la terre. L'histoire fit grand bruit, le vent la fit voyager de port en port, et devant l'importance de la tâche à accomplir, devint bourraqque, vent de folie, vent de tempête.
Le soir venu, l'océan entier était en furie. Des vagues hautes comme des maisons étaient venues préter main forte à la petite vague, qui en oublia du coup son vague à l'âme, son mal de mer. Les vents, les courants et les vagues se jetèrent alors sur la côte, et cette nuit fut une nuit de tempête comme aucune nuit, aucune mer n'en connurent jamais.
Les hommes se cachèrent dans leur maison, volets fermés; les bateaux de pêcheurs rentrèrent bien vite au port, où, malgré l'abris des digues et des jetées, leurs amarres furent malmenées. Mais le plus fort de l'assaut du vent et de l'eau fut contre les murs du marinland.
Des déferlantes vinrent s'y briser dix fois, cent fois. Des murs d'eau salée poussés par des vents furieux et des courants déchaînés, vinrent en lézarder les fondations, rn briser le fait, jusqu'au moment où, dans un grand fracas, les murs des bassins cédèrent sous ces coups de boutoir.
Le reflux d'une vague gigantesque entraina avec lui les murs en miettes. La vague suivante emporta avec elle dauphins, orques, otaries et autres morses, tous ces mammifères marins désormais libres de regagner leur élément naturel, l'océan immense, la liberté.
Presqu'aussitôt, le vent tomba et la mer se calma. La tempête avait duré quelques heures, et n'avait finalement fait d'autres ravages, que sur les murs de cette prison désormais vide. La petite vague repartie au large, avec ses grandes soeurs qui bientôt se calmèrent, s'arrondirent, puis s'applatirent jusqu'à ne plus devenir qu'un léger clapoti à la surface de l'eau. Les dauphins s'éloignèrent aussi de la terre, et disparurent à l'horizon, d'où ils ne revinrent jamais.
Si un jour, en mer, tu vois passer un banc de dauphins, comme il arrive souvent qu'ils viennent, peu rancuniers envers les hommes, jouer le long de l'étrave des navires, Regarde bien derrière eux, dans leur sillage. Tu verras toujours une petite vague, qui les accompagne; Une petite vague insouciante et joyeuse; Une petite vague amoureuse des animaux libres dans l'océan. Une petite vague qui n'a plus de vague à l'âme, Et plus de mal de mer...
# Posté le mardi 31 août 2004 10:06
Modifié le lundi 06 septembre 2004 18:11